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'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
==Comment évaluer la sévérité des troubles anxieux ?==
'''Des échelles spécifiques sont disponibles pour mieux caractériser la sévérité de chaque trouble et évaluer dans le temps les variations de sévérité [1].'''
===L'objectif [1, 2]===
* Confirmer le diagnostic de trouble anxieux et identifier plus précisément le trouble : trouble anxieux généralisé (TAG), phobie, trouble obsessionnel compulsif (TOC), trouble panique, état de stress post-traumatique et en évaluer la gravité ;
* Identifier des comorbidités (dépression, dépendances ou abus d'alcool ou autres substances) ou des comorbidités somatiques ;
* Évaluer la sévérité des symptômes ;
* Évaluer la souffrance subjective et le niveau de détresse perçue et la nécessité d'une consultation psychiatrique ;   
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       
* Évaluer le retentissement fonctionnel (absentéisme, professionnel ou social).
===Échelles d'évaluation de l'intensité des symptômes===
L'échelle HAD, permet de dépister les troubles anxieux et dépressifs. Elle comporte 14 items côtés de 0 à 3. Sept questions se rapportent à l'anxiété (total A) et sept autres à la dimension dépressive (total D), permettant ainsi l'obtention de deux scores (note maximale de chaque score = 21). C'est un questionnaire auto administré [2].
[[Fichier:Echelle GAD 7.png|200px|thumb|left|Echelle Gad 7]]
L'échelle d'anxiété généralisée à 7 items (GAD-7 : Generalized Anxiety Disorder 7-item scale) et sa version abrégée à 2 items (GAD-2) sont les instruments les plus fréquemment utilisés [3]. Faciles à remplir soi-même elles donnent des informations quant à la présence probable d'un trouble anxieux chez une personne donnée.
La personne indique sur une échelle de 0 (jamais présent) à 3 (présent quotidiennement) la fréquence à laquelle elle ressent différents symptômes d'anxiété. Les réponses sont additionnées pour obtenir un score total allant de 0 à 21.
Le test GAD-7 est considéré comme « positif » lorsque le score total atteint 10 ou plus, ce qui suggère un trouble anxieux potentiel. Un score de 3 ou plus au GAD-2 indique la même chose. Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme « test négatif ». Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme « test négatif ».
L'échelle GAD-2 semble avoir une précision diagnostique similaire à celle de l'échelle GAD-7.
'''Les deux échelles semblent avoir une précision diagnostique d'acceptable à bonne, à la fois pour le trouble anxieux généralisé et pour tout trouble anxieux. Toutefois compte tenu de la diversité des études les estimations de sensibilité et spécificité doivent être interprétées comme des moyennes approximatives.'''
'''Références :'''
[1]. [https://archive.org/details/dsm-5-fr-en/DSM-5%20-%20Manuel%20diagnostique%20et%20statistique%20des%20troubles%20mentaux/ DSM-5 - Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.]
[2]. [https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/guide_medecin_troubles_anxieux.pdf HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.]
[3]. [https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40130828/ Aktürk Z, Hapfelmeier A, Fomenko A, Dümmler D, Eck S, Olm M, Gehrmann J, von Schrottenberg V, Rehder R, Dawson S, Löwe B, Rücker G, Schneider A, Linde K. Generalized Anxiety Disorder 7-item (GAD-7) and 2-item (GAD-2) scales for detecting anxiety disorders in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2025, Issue Art. No.: CD015455. DOI: 10.1002/14651858.CD015455. Accessed 06 May 2025].
'''Mots clés :''' troubles anxieux ; classification [''anxiety disorders ; classification''].
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
==Le trouble anxieux généralisé (TAG)==
===Quelles sont les caractéristiques du TAG ?===
'''Le trouble anxieux généralisé se caractérise par un sentiment persistant d'insécurité, une inquiétude permanente et excessive qui interfère avec les activités quotidiennes [1]'''.
Cette anxiété peut être accompagnée de symptômes physiques : agitation, nervosité, fatigue, difficultés de concentration, tensions musculaires, troubles du sommeil. Elle est souvent alimentée par des évènements du quotidien : responsabilités professionnelles, évènements familiaux, santé, tâches domestiques ou matérielles.
En 2024, 6,3 % des adultes de 18 à 79 ans et 5,9 % des actifs occupés de 18 à 64 ans ont été concernés par un TAG au cours des 12 derniers mois [2].
La prévalence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, respectivement 7,6 % (7,2 % - 8,1 %) et 4,8 % (4,4 % - 5,2 %), quelle que soit la classe d'âge. Les 18-29 ans sont la classe d'âge la plus concernée avec une prévalence de 8,1 % (7,3 % - 9,0 %), et les 70-79 ans les moins concernés (2,9 % ; 2,3 % - 3,7 %).
Les plus fortes prévalences sont observées :
* Chez les femmes entre 18 - 29 ans (11,1 % ; 9,9 % - 12,6 %) et entre 40 -49 ans (9,2 % ; 8,1 % - 10,5 %)
* Et chez les hommes entre 30-39 ans (5,6 % ; 4,6 % - 6,7 %) et 50-59 ans (6,4 % ; 5,4 % - 7,5 %).
Des différences s'observent également selon :
* Le niveau de diplôme, la perception de sa situation financière, la situation professionnelle ou le type de ménage. Les personnes ayant un niveau Baccalauréat ou supérieur ont une prévalence du TAG supérieure aux personnes moins diplômées (7,1 % et 6,8 % respectivement contre 5,4 %).
* La situation financière perçue, les personnes déclarant des difficultés financières ayant une prévalence du TAG nettement plus élevée (12,9 %).
* La situation personnelle : familles monoparentales, personnes vivant seules, chômeurs et autres inactifs, étudiants.
'''Les prévalences varient significativement selon les catégories socioprofessionnelles, les prévalences les plus élevées se retrouvant chez les employés et dans les professions intermédiaires (respectivement 7,2 % et 6,2%), chez les femmes et les personnes précaires isolées socialement [2]'''.
'''Références:'''
[1].[https://www.inserm.fr/dossier/troubles-anxieux/ Troubles anxieux · Inserm, La science pour la santé. Inserm].
[2].[https://www.santepubliquefrance.fr/import/trouble-anxieux-generalise-prevalence-et-recours-aux-soins.-in-barometre-de-sante-publique-france-resultats-de-l-edition-2024 SPF. Trouble anxieux généralisé : prévalence et recours aux soins. In Baromètre de Santé publique France : résultats de l'édition 2024]
'''Mots clés''': trouble anxieux généralisé ; épidémiologie [''Generalized Anxiety Disorder ; epidemiology'']
'''Qualité de la preuve''' : Grade 1
===Quel traitement médicamenteux du TAG ?===
'''En 2024, près de 30% de personnes concernées par un TAG n'ont eu aucun recours aux soins en lien avec leur santé mentale avec une proportion encore plus élevée chez les hommes [1]'''.
Le traitement pharmacologique est souvent privilégié en raison du coût et des ressources limitées des alternatives psychologiques, mais les données comparatives concernant les différents médicaments disponibles sont rares [2].
[[Fichier:Echelle HAM A.png|200px|thumb|left|Echelle HAM]]
Dans une revue systématique de 89 essais incluant 25 441 patients évaluant 22 médicaments actifs différents,  comparativement au placebo :
* La duloxétine (différence moyenne [DM] : -3,13 ; [https://sfpt-fr.org/livreblancmethodo/part19/file_7.htm intervalle de crédibilité] [ICr] à 95 % : -4,13 à -2,13), la prégabaline (-2,79 ; -3,69 à -1,91), la venlafaxine (-2,69 ; -3,50 à -1,89) et l'escitalopram (-2,45 ; -3,27 à -1,63) se sont révélées plus efficaces que le placebo, avec une tolérance relativement bonne.
* La mirtazapine, la sertraline, la fluoxétine, la buspirone et l'agomélatine se sont également révélées efficaces et bien tolérées, mais ces résultats sont limités par la petite taille des échantillons.
* La quétiapine (différence moyenne [DM] : -3,60 ; -4,83 à -2,39) a eu l'effet le plus marqué sur l'[https://www.respadd.org/wp-content/uploads/2018/09/Hamilton-Respadd.pdf échelle d'anxiété de Hamilton], mais sa tolérance était faible (OR : 1,44 ; 1,16 à 1,80).
* La paroxétine et les benzodiazépines étaient efficaces, mais également mal tolérées comparativement au placebo.
Il existe, pour le trouble d'anxiété généralisée, plusieurs options efficaces. La quétiapine a l'effet le plus marqué, mais avec une tolérance faible. La paroxétine et les benzodiazépines sont les moins bien tolérées ce qui limite leur utilisation.
'''Il existe, pour le trouble d'anxiété généralisée, plusieurs options efficaces. La quétiapine a l'effet le plus marqué, mais avec une tolérance faible. La paroxétine et les benzodiazépines sont les moins bien tolérées ce qui limite leur utilisation.'''
'''Références:'''
[1].[https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/780676/4904550?version=1 SPF. Études et enquêtes décembre 2025. Baromètre de Santé publique France : résultats de l'édition 2024. Trouble anxieux généralisé : prévalence et recours aux soins].
[2].[https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30712879/Slee A, Nazareth I, Bondaronek P, Liu Y, Cheng Z, Freemantle N. Pharmacological treatments for generalised anxiety disorder: a systematic review and network meta-analysis. Lancet. 23 févr 2019;393(10173):768 77.]
'''Mots clés''' : trouble anxieux généralisé ; traitement médicamenteux [''Generalized Anxiety Disorder ; drug therapy''
'''Qualité de la preuve''' : Grade 3
'''Mots clés :''' trouble anxieux généralisé ; thérapie cognitive [''Generalized Anxiety Disorder ; Cognitive Behavioral Therapy'']
'''Qualité de la preuve''' : Grade 3
===Quelle efficacité des thérapies cognitivo comportementales (TCC) du TAG ?===
'''Les recommandations cliniques préconisent les thérapies cognitivo comportementales comme traitement de première intention du trouble d'anxiété généralisée [1].'''
Dans une méta-analyse de 22 études (n= 1060 participants), d'après 13 études les thérapies basées sur une approche TCC se sont révélées plus efficaces que les soins habituels, ou une liste d'attente, pour obtenir une réponse clinique après traitement (RR 0,64 ; 0,55-0,74) et pour réduire les symptômes d'anxiété, d'inquiétude et de dépression.
Dans 6 études comparant les TCC à une thérapie de soutien non directive ou à un placebo aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne la réponse clinique après traitement (RR 0,86 ; 0,70-1,06), mais avec une hétérogénéité significative.
Aucune étude n'a évalué l'efficacité à long terme.
'''De toutes les psychothérapies, la TCC est la plus étudiée. Elle est efficace pour réduire les symptômes d'anxiété dans le traitement à court terme du TAG'''.
'''Référence :'''
[1].[https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD001848.pub4/full Hunot V, Churchill R, Silva de Lima M, Teixeira V. Psychological therapies for generalised anxiety disorder. Cochrane Database Syst Rev. 2007 Jan 24;2007(1):CD001848.]
==Le trouble d’anxiété sociale (TAS)==
===Quelles sont les caractéristiques du TAS ?===
'''L’anxiété sociale est liée à l’idée de ressentir une gêne, une humiliation, un rejet ou un mépris lors des interactions sociales [1]. '''
Elle se manifeste par la peur extrême de parler ou manger en public, de rencontrer des nouvelles personnes… ainsi que par le fait de ressentir une grande angoisse, de rougir et d’avoir des tremblements lorsque ces situations ne peuvent être évitées. Les problèmes occasionnés sont quotidiens.
'''''Les critères diagnostic selon le DSM-5-TR [2] sont :'''''
* Une anxiété marquée, persistante pendant au moins 6 mois à propos d'une ou de plusieurs situations sociales dans lesquelles ils peuvent être observés par des tiers ;
* La peur doit impliquer une évaluation négative par d'autres sujets, par exemple les patients seront humiliés, embarrassés, ou rejetés ou ils offenseront d'autres sujets. En outre, tous les éléments suivants doivent être présents :
- Les mêmes situations sociales déclenchent presque toujours peur ou anxiété ;
- Les patients évitent activement la situation ;
- La peur ou l'anxiété est hors de proportion avec la menace réelle en tenant compte des normes socioculturelles ;
- La peur, l'anxiété et/ou l'évitement causent une détresse importante ou significative qui nuit au fonctionnement social ou professionnel.
'''''À titre d’exemple'''''
* La crainte en se rendant à une fête, de se trouver dans l'embarras, d'être moqué par des étrangers et de devoir fuir ;
* La tendance à développer des stratégies d'évitement, telles que refuser des invitations à des réceptions ou rencontrer de nouvelles personnes ;
* Souvent, cette anxiété commence raisonnablement, mais peut se transformer en craintes d'une catastrophe hautement improbable.
Ces stratégies peuvent devenir une seconde nature, de sorte que le comportement d'évitement renforce l'anxiété en permettant à la crainte exagérée de ne pas être censurée et les prive de toute expérience positive dans le contexte redouté [2].
'''Le trouble d'anxiété sociale touche environ 2,8% des sujets au cours d'une année donnée, avec une prévalence à vie d'environ 5%. Ces taux semblent être plus élevés aux États-Unis [3].'''
'''Références :'''
[1]. [https://www.inserm.fr/dossier/troubles-anxieux/ Troubles anxieux · Inserm, La science pour la santé. Inserm. (cité 13 janv 2026)].
[2]. [https://cpcglobal.org/publications/DSM%205%20TR.pdf American Psychiatric Association. Diagnostic and statistical manual of mental disorders fifth editiontext revision DSM-5-TR™]. 
[3]. [https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16420070/ Grant BF, Hasin DS, Blanco C, Stinson FS, Chou SP, Goldstein RB, et al. The epidemiology of social anxiety disorder in the United States: results from the National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions. J Clin Psychiatry. nov 2005;66(11):1351 61]. 
'''Mots clés :''' trouble d'anxiété sociale; phobie sociale ; diagnostic [''Disorders, Social Anxiety; Phobia, Social ; diagnosis]''.
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
===Quel traitement médicamenteux du TAS ?===
'''Le traitement doit prendre en compte les comorbidités souvent associées : dépression, attaque de panique, consommation excessive d’alcool ou de toxiques, voire dépendance [1].'''
Dans une revue systématique de 66 études [2], dont 63 essais contrôlés randomisés, ont été évalués différents traitements pharmacologiques des TAS comparativement au placebo pendant une durée au moins égale à 24 semaines, chez 11 597 participants entre 18 et 70 ans.
'''''Réponse au traitement.''''' Ont montré une efficacité :
* Faibles qualités de la preuve :
- Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : 24 études ; 4 984 patients (n) ; risque relatif (RR) 1,65 (IC 95% 1,48-1,85) ;
- Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : 4 études ; n = 235 ; RR 2,36 (1,48 - 3,75) ;
- Les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase A (RIMA) : 8 études ; n= 1270 ; RR 1,83 (1,32 - 2,55) ;
- Les benzodiazépines : 2 études ; n=132 ; RR 4,03 (2,45 - 6,65).
* Preuves de qualité moyenne :
- Les anticonvulsivants avec les analogues de l'acide gamma-amino butyrique (GABA) : 3 études ; n = 532 ; RR 1,60 (1,16 -2,20).
'''''Réduction des rechutes :'''''
* Les ISRS étaient le seul médicament qui s'est avéré efficace pour réduire les rechutes sur la base de preuves de qualité modérée.
'''''Sévérité des symptômes :'''''
* Il est montré un bénéfice pour les ISRS, l'IRSN (inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la norépinéphrine), les IMAO, les RIMA, les benzodiazépines, l’olanzapine et l'antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique spécifique (NaSSA : atomoxétine) ; Preuves de très mauvaise qualité.
* Le traitement par ISRS et RIMA a également été associé à une réduction des symptômes dépressifs
Tolérabilité
* Les taux d’arrêt de traitement étaient plus élevés pour les ISRS et les Inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline (IRSN) (venlafaxine) que pour le placebo : ISRS (24 études ; n = 5131 ; RR 2,59 ; 1,97 - 3,39) ;
Preuves de mauvaise qualité.
'''''Une efficacité à long terme est retrouvée pour :'''''
* Les ISRS : preuves de faible qualité ;
* Les IMAO : preuves de très mauvaise qualité) ;
* Les RIMA (preuves de qualité modérée).
'''Les ISRS semblent offrir plus d’intérêts que les autres médicaments mais avec une faible supériorité et des preuves de faible qualité. Mais leur tolérabilité est inférieure à celle du placebo et les taux de sevrage absolu sont faibles. Les benzodiazépines, les anticonvulsivants, les IMAO et les RIMA se sont montrés efficaces dans un petit nombre d’essais sous contrôle d’effets secondaires défavorables et d’un éventuel risque d’abus [2].'''
'''Références:'''
[1].[https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/guide_medecin_troubles_anxieux.pdf HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007].
[2]. [https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6360927/ Williams T, Hattingh CJ, Kariuki CM, Tromp SA, van Balkom AJ, Ipser JC, Stein DJ. Pharmacotherapy for social anxiety disorder (SAnD). Cochrane Database Syst Rev. 2017 Oct 19;10(10):CD001206. doi: 10.1002/14651858.CD001206.pub3. PMID: 29048739; PMCID: PMC6360927.] 
'''Mots clés :''' trouble d'anxiété sociale ; phobie sociale ; traitement médicamenteux [''Disorders, Social Anxiety; Phobia, Social ; drug therapy]''.
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3.
===Quelle efficacité des psychothérapies du TAS ?===
'''Une méta-analyse complète et actualisée a évalué les effets des démarches psychothérapiques pour la prise en charge des TAS [1].'''
5 560 participants ont été inclus dans une méta-analyse de 66 essais contrôlés randomisés comprenant 98 comparaisons entre un groupe de psychothérapie et un groupe témoin, 3 573 dans les groupes intervention et 1 987 dans les groupes témoins. L’âge moyen était de 33,3 ans (écart type ET = 6,15), extrêmes de 19,4 à 46,6 ans, 56,7% de femmes.
Parmi ces groupes, la majorité examinaient la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) (62 ; 63,3 %), 13 la thérapie d'exposition, 11 les thérapies de la troisième vague, quatre la psychothérapie psychodynamique et 8 d'autres formes de psychothérapie.
Concernant les modalités de prestation des traitements, 30 interventions étaient individuelles en face à face, 29 étaient des séances de groupe en face à face, 17 étaient des séances d'auto-assistance guidées à distance, 11 étaient des séances d'auto-assistance non guidées à distance et 11 utilisaient d'autres formats tels que la réalité mixte ou virtuelle. Le nombre de séances variait de 1 à 26 (moyenne = 11,2, ET = 5,07), la majorité des interventions (81 ; 82,7 %) comportant entre six et seize séances.
Les résultats montrent un effet significatif des psychothérapies sur les symptômes du TAS avec une taille d’effet importante et un nombre de sujets à traiter (NNT) de 3,8, ce qui suggère qu’il faut traiter 4 personnes pour avoir un effet significatif chez 1 personne.
Toutefois il faut noter une hétérogénéité importante entre les études avec des différences significatives dans les formats de prestation de traitement, le type de stratégie de recrutement, le groupe cible et le nombre de séances.
Par ailleurs compte tenu des différences individuelles de réponse aux différents types de prise en charge d’autres études sont nécessaires pour examiner les sous-groupes de personnes pouvant bénéficier d'une modalité de psychothérapie spécifique.
'''La psychothérapie est un traitement efficace pour le trouble d'anxiété sociale, avec des effets modérés à importants quel que soit le type et le format de traitement. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer ses effets à long terme.'''
'''Référence :'''
[1]. [https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0887618524000574?via%3Dihub Ponti N de, Matbouriahi M, Franco P, Harrer M, Miguel C, Papola D, et al. The efficacy of psychotherapy for social anxiety disorder, a systematic review and meta-analysis. J Anxiety Disord. 2024;104:102881.]
'''Mots clés :''' Phobie sociale ; psychothérapie [''Phobia, Social ; psychotherapy''].
'''Qualité de la preuve''' : Grade 3
==Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)==
===Quelles sont les caractéristiques des TOC ?===
'''Les principales caractéristiques des TOC sont des idées obsédantes et des comportements compulsifs récurrents [1,2].'''
Les pensées obsédantes sont des idées, des représentations, ou des impulsions, faisant intrusion dans la conscience du sujet de façon répétitive et stéréotypée.
'''''Les pensées obsédantes''''' sont centrées par exemple sur la propreté, l’ordre, la symétrie, la peur de faire une erreur, celle de commettre des actes impulsifs violents ou agressifs, ou encore par un sentiment excessif de responsabilité vis-à-vis de la sécurité d’autrui.
Pour les combattre le sujet effectue des gestes ou actes mentaux répétés : des '''''compulsions'''''.
Le comportement du sujet est sous-tendu par une crainte consistant habituellement dans l'appréhension d'un danger, encouru ou provoqué par lui-même et l'activité rituelle constitue un moyen inefficace ou symbolique pour écarter ce danger.
En règle générale, ces activités gênent considérablement le sujet qui essaie souvent de leur résister, mais en vain. Il reconnaît qu'il s'agit de ses propres pensées et l'absurdité et l'inutilité de son comportement et fait des efforts répétés pour supprimer celui-ci.
Le trouble s'accompagne presque toujours d'une anxiété, anxiété qui s'aggrave quand le sujet essaie de résister à son activité compulsive.
Chez les enfants le TOC s’exprime souvent par de l’agitation, de l’agressivité, des difficultés scolaires. Un sentiment de honte et culpabilité conduit l’enfant à dissimuler son trouble, cause de retards de diagnostic.
'''Il s’agit d’une véritable maladie, parfois très handicapante au quotidien, qui peut même empêcher d’avoir une vie sociale ou professionnelle normale.'''
'''Références :'''
[1]. [https://icd.who.int/browse10/2008/fr - /F42.1 ICD-10 Version:2008.]
 
[2]. [https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/ Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.]
'''Mots clés''' : trouble obsessionnel compulsif ; caractéristiques de la maladie [''obsessive-compulsive disorder ; disease attributes''].
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
===Est-ce une maladie fréquente ?===
'''Les TOC concernent 2 à 3% de la population générale, débutant le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence, 25 % avant 14 ans, 65 % avant 25 ans et 15 % après 35 ans [1].'''
Chez 30 à 50 % des adultes concernés le trouble a débuté dans l’enfance.
Les femmes sont autant touchées que les hommes.
Les formes précoces sont plus fréquentes chez le garçon et sont associées à une plus grande sévérité, un plus large éventail symptomatologique et une plus grande résistance aux traitements.
Des études ont montré le rôle de facteurs génétiques, le caractère héréditaire pouvant atteindre jusqu’à 65% quand la maladie a débuté dès l’enfance [1].
'''C’est la quatrième maladie psychiatrique en termes de fréquence après les phobies, les addictions et les troubles dépressifs.'''
'''Référence :'''
[1]. [https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/ Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.]
'''Mots clés''' : trouble obsessionnel compulsif ; épidémiologie [''obsessive-compulsive disorder ; epidemiology''].
=== Quels traitements médicamenteux ?===
'''Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont les traitements médicamenteux de choix en première intention [1,2].'''
Dans une revue systématique de 53 articles incluant 6 652 participants [2] tous les ISRS (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline, escitalopram) ont eu des effets supérieurs au placebo avec un effet de classe (–3,49 ; intervalle de crédibilité 95 % : –5,12 à –1,81), sans aucune preuve d’une efficacité supérieure de l’un sur les autres.
La clomipramine a montré une tendance pour un effet plus important que les autres inhibiteurs de la sérotonine, mais la différence n’était pas statistiquement significative.
La réduction des symptômes atteint en moyenne 40 à 50 %. L’effet peut apparaître avec un retard de 4 à 6 semaines, mais parfois plus long jusqu’à 8 à 12 semaines [2].
La durée d’un traitement d’entretien est dépendante de facteurs individuels, mais au moins de 12 à 24 mois [2].
Si les traitements de première intention ne sont pas suffisants pour réduire les TOC ou lorsqu’il y a des tics associés, il est possible d’y ajouter des antipsychotiques ciblant la dopamine [3].
'''''Antipsychotiques'''''. Une métanalyse de la Cochrane [4] a analysé l’effet d’antipsychotiques de seconde génération (ASG) contre placebo ou autre traitement pharmacologique. Elle a inclus 11 ECR portant sur 396 participants sous trois ASG. Tous les essais ont examiné les effets de l'ajout de ces ASG aux antidépresseurs (généralement des ISRS).
La durée de tous les essais était inférieure à six mois. Seuls 13 % des participants ont quitté prématurément les essais.
La plupart des essais étaient limités en termes de qualité. Deux essais ont examiné l'olanzapine et n'ont constaté aucune différence dans le critère d'évaluation principal (réponse au traitement) et la plupart des autres critères d'efficacité, mais elle était associée à une prise de poids plus importante qu'une monothérapie par antidépresseurs.
'''''La quétiapine''''' associée à des antidépresseurs n'était pas, non plus, plus efficace que le placebo associé à des antidépresseurs sur le critère d'évaluation principal (réponse au traitement), mais une supériorité significative a été observée à la fin de l'essai sur le score moyen de l'[https://psychologie-ge.ch/Test_TOC_Y-Bocs.html échelle obsessionnelle-compulsive de Yale-Brown (Y-BOCS)] (DM -2,28 ; -4,05 à -0,52). Il y a également eu des effets bénéfiques de la quétiapine en termes d'anxiété ou de symptômes dépressifs.
'''''La rispéridone''''' était plus efficace que le placebo en termes de critère principal (nombre de participants sans réponse significative) (OR 0,17 ; 0,04 - 0,66) et dans la réduction de l'anxiété et de la dépression (DM -7,60 ; -12,37 à -2,83).
'''''L'olanzapine''''': les données disponibles sur les effets de l'olanzapine dans le TOC sont trop limitées pour tirer des conclusions.
'''Il existe des preuves que l'ajout de quétiapine ou de rispéridone aux antidépresseurs augmente l'efficacité, mais cela doit être mis en balance avec une moindre tolérance et des données limitées [3].'''
'''Références :'''
[1]. [https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27318812/ Skapinakis P, Caldwell DM, Hollingworth W, Bryden P, Fineberg NA, Salkovskis P, et al. Pharmacological and psychotherapeutic interventions for management of obsessive-compulsive disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2016;3(8):730 9.]
     
[2]. [https://www.psychaanalyse.com/pdf/LE%20TRAITEMENT%20DES%20TROUBLES%20ANXIEUX%20-%20ARTICLE%20FORUM%20MED%20SUISSE%202013%20(8%20pages%20-%20299%20ko).pdf Kecka ME, Ropohla A, Bondolfia G, Constantin Brennib C, Hättenschwilera J,  Hatzingerc M, Hemmetera UM, et al. Le traitement des troubles anxieux. 2e partie : Troubles obsessionnels compulsifs et syndrome de stress posttraumatique. Forum Med Suisse 2013;13(17):337–44.]
[3]. [https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm].
 
[4]. [https://www.cochrane.org/fr/evidence/CD008141_second-generation-antipsychotic-drugs-obsessive-compulsive-disorder Komossa K, Depping AM, Meyer M, Kissling W, Leucht S. Second-generation antipsychotics for obsessive compulsive disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 12. Art. No.: CD008141. DOI: 10.1002/14651858.CD008141.pub2.]
'''Mots clés :''' trouble obsessionnel compulsif ; traitement médicamenteux [''obsessive-compulsive disorder ; drug therapy''].
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
===Quelle efficacité des psychothérapies ?===
'''La décision d’instaurer une psychothérapie dépend des préférences du patient. '''
Les thérapies cognitives comportementales (TCC), basées sur l’exposition avec prévention de la réponse (EPR) sont le traitement de choix [1]. C’est le traitement le plus utilisé chez les enfants et les adolescents [2].
[[Fichier:Psycho_Medicaments.png|200px|thumb|left|Efficacité des psychothérapies]]
Une méta-analyse de 53 essais contrôlés randomisés [3] a comparé les effets de différents types de TCC à des interventions pharmacologiques chez des adultes atteints de TOC. Toutes les comorbidités étaient autorisées, à l'exception de la schizophrénie et du trouble bipolaire. Ont été exclues les études portant exclusivement sur des populations de patients résistants au traitement.
Le critère de jugement principal était la gravité des symptômes, mesurée par l'échelle de TOC de Yale-Brown [4].
Les interventions psychothérapeutiques ont eu un effet supérieur à celui des médicaments, mais une limite importante résidait dans le fait que la plupart des essais psychothérapeutiques incluaient des patients prenant des doses stables d'antidépresseurs (12 [80 %] des 15 essais de psychothérapie autorisaient explicitement les antidépresseurs).
Plusieurs types d’interventions sont efficaces dans la prise en charge du TOC mais leur efficacité relative demeure incertaine et limitée.
'''Au vu de l’ensemble des données, l’association d’interventions psychothérapeutiques et psychopharmacologiques semble plus efficace que les interventions psychothérapeutiques seules, du moins dans les formes sévères du TOC [3].'''
'''Références :'''
[1].[https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/guide_medecin_troubles_anxieux.pdf HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.]
[2].[https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/ Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.]
[3].[https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27318812/ Skapinakis P, Caldwell DM, Hollingworth W, Bryden P, Fineberg NA, Salkovskis P, et al. Pharmacological and psychotherapeutic interventions for management of obsessive-compulsive disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2016;3(8):730 9.]
[4]. [https://psychologie-ge.ch/Test_TOC_Y-Bocs.html Échelle sur le trouble obesssionnel-compulsif Yale-Brown (Y-BCOS). Psychologie Genève.]
'''Mots clés :''' trouble obsessionnel compulsif ; psychothérapie [''obsessive-compulsive disorder ; psychotherapy''].
'''Qualité de la preuve :''' Grade 3
===Des pistes de recherche ?===
'''Lorsque les symptômes ne sont pas réduits malgré des traitements réguliers et bien conduits on parle de TOC résistants.'''
Lorsque le trouble est sévère et très handicapant des techniques neurochirurgicales peuvent être proposées dans le cadre de protocoles de recherche [1].
* '''''Chirurgie lésionnelle''''' pour léser légèrement une zone du cerveau impliquée à l’aide rayons gamma sans ouverture de la boite crânienne.
* '''''La stimulation cérébrale profonde''''' par implantation d’électrodes dans la région cérébrale concernée.
'''Les personnes actuellement opérées sont incluses dans protocoles de recherche menés par des centres experts [1].'''
'''Référence :'''
[1][https://www.inserm.fr/dossier/troubles-obsessionnels-compulsifs-toc/ Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.]

Version actuelle datée du 23 mars 2026 à 10:07

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Quels sont les différents troubles anxieux ?

Les troubles anxieux sont les troubles mentaux les plus courants dans le monde [1].

Les troubles anxieux regroupent des troubles qui partagent les caractéristiques d'une peur et d'une anxiété excessives et des perturbations comportementales qui leur sont apparentées [2]. Ils différent de la peur ou de l'anxiété présentes dans le développement normal de l'individu. Ils se distinguent les uns des autres par le type d'objet ou le type de situation qui les induisent et le type de comportement ou de raisonnement qui en découle [2]. Ils peuvent se présenter avec des signes d'appel variés [3] et regroupent plusieurs entités cliniques dont les définitions sont extraites des classifications internationales.

Selon le DSM-5 les troubles anxieux peuvent être caractérisés selon deux axes : le type de trouble d'une part, et son intensité d'autre part [2 ,4].

  • Trouble d'anxiété de séparation :anxiété excessive à l'idée de se séparer des figures d'attachement. Présent chez l'enfant et l'adulte.
  • Mutisme sélectif : incapacité persistante à parler dans certaines situations sociales malgré une capacité normale à parler dans d'autres contextes (ex. : à la maison, mais pas à l'école).
  • Phobie spécifique : peur intense et irrationnelle d'un objet ou d'une situation particulière (ex. : araignées, avion, sang…). L'évitement interfère avec le quotidien.
  • Trouble d'anxiété sociale (phobie sociale) : peur marquée des situations sociales ou de performance où l'on peut être observé ou jugé.
  • Trouble panique (ou trouble panique avec ou sans agoraphobie) : survenue répétée de crises d'angoisse soudaines (attaques de panique) avec peur de mourir, de perdre le contrôle, etc. Accompagné souvent d'une anticipation anxieuse des prochaines crises.
  • Agoraphobie : peur marquée de lieux ou situations où s'échapper pourrait être difficile (ex. : transports, espaces ouverts, lieux clos, files d'attente, foule).
  • Trouble d'anxiété généralisée (TAG) : anxiété chronique et diffuse, difficile à contrôler, concernant divers aspects de la vie quotidienne. Associée à des symptômes physiques (fatigue, tension musculaire, troubles du sommeil…).
  • Trouble anxieux induit par une substance / un médicament : anxiété déclenchée par la consommation ou le sevrage de substances (alcool, drogues, médicaments…).
  • Trouble anxieux dû à une affection médicale : symptômes anxieux directement causés par une pathologie médicale (ex. : hyperthyroïdie, troubles cardiaques, etc.).

Autres troubles anxieux spécifiés ou non spécifiés

  • Troubles anxieux qui ne remplissent pas tous les critères d'un trouble spécifique, mais sont cliniquement significatifs.
  • Troubles apparentés, mais classés ailleurs dans le DSM-5.

Certains troubles liés à l'anxiété sont classés dans d'autres sections :

  • Trouble obsessionnel-compulsif (TOC), catégorie à part : troubles obsessionnels et apparentés.
  • État de stress post-traumatique (ESPT) et trouble de stress aigu, dans les troubles liés à un traumatisme ou à un facteur de stress.

Cette caractérisation a pour objet de mieux adapter leur prise en charge

Références :

[1].OMS.Troubles anxieux. Septembre 2025.

[2]. DSM-5 - Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

[3]. HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.

[4]. Inserm. Troubles anxieux. Quand l'anxiété devient pathologique. 02/03/2021.

Mots clés : troubles anxieux ; classification [anxiety disorders ; classification].

Qualité de la preuve : Grade 3

Comment évaluer la sévérité des troubles anxieux ?

Des échelles spécifiques sont disponibles pour mieux caractériser la sévérité de chaque trouble et évaluer dans le temps les variations de sévérité [1].

L'objectif [1, 2]

  • Confirmer le diagnostic de trouble anxieux et identifier plus précisément le trouble : trouble anxieux généralisé (TAG), phobie, trouble obsessionnel compulsif (TOC), trouble panique, état de stress post-traumatique et en évaluer la gravité ;
  • Identifier des comorbidités (dépression, dépendances ou abus d'alcool ou autres substances) ou des comorbidités somatiques ;
  • Évaluer la sévérité des symptômes ;
  • Évaluer la souffrance subjective et le niveau de détresse perçue et la nécessité d'une consultation psychiatrique ;
  • Évaluer le retentissement fonctionnel (absentéisme, professionnel ou social).

Échelles d'évaluation de l'intensité des symptômes

L'échelle HAD, permet de dépister les troubles anxieux et dépressifs. Elle comporte 14 items côtés de 0 à 3. Sept questions se rapportent à l'anxiété (total A) et sept autres à la dimension dépressive (total D), permettant ainsi l'obtention de deux scores (note maximale de chaque score = 21). C'est un questionnaire auto administré [2].

Echelle Gad 7


L'échelle d'anxiété généralisée à 7 items (GAD-7 : Generalized Anxiety Disorder 7-item scale) et sa version abrégée à 2 items (GAD-2) sont les instruments les plus fréquemment utilisés [3]. Faciles à remplir soi-même elles donnent des informations quant à la présence probable d'un trouble anxieux chez une personne donnée.

La personne indique sur une échelle de 0 (jamais présent) à 3 (présent quotidiennement) la fréquence à laquelle elle ressent différents symptômes d'anxiété. Les réponses sont additionnées pour obtenir un score total allant de 0 à 21.

Le test GAD-7 est considéré comme « positif » lorsque le score total atteint 10 ou plus, ce qui suggère un trouble anxieux potentiel. Un score de 3 ou plus au GAD-2 indique la même chose. Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme « test négatif ». Si le score total est inférieur à 10 pour le GAD-7 ou à 3 pour le GAD-2, le résultat est considéré comme « test négatif ».

L'échelle GAD-2 semble avoir une précision diagnostique similaire à celle de l'échelle GAD-7.

Les deux échelles semblent avoir une précision diagnostique d'acceptable à bonne, à la fois pour le trouble anxieux généralisé et pour tout trouble anxieux. Toutefois compte tenu de la diversité des études les estimations de sensibilité et spécificité doivent être interprétées comme des moyennes approximatives.

Références :

[1]. DSM-5 - Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux.

[2]. HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.

[3]. Aktürk Z, Hapfelmeier A, Fomenko A, Dümmler D, Eck S, Olm M, Gehrmann J, von Schrottenberg V, Rehder R, Dawson S, Löwe B, Rücker G, Schneider A, Linde K. Generalized Anxiety Disorder 7-item (GAD-7) and 2-item (GAD-2) scales for detecting anxiety disorders in adults. Cochrane Database of Systematic Reviews 2025, Issue Art. No.: CD015455. DOI: 10.1002/14651858.CD015455. Accessed 06 May 2025.

Mots clés : troubles anxieux ; classification [anxiety disorders ; classification].

Qualité de la preuve : Grade 3

Le trouble anxieux généralisé (TAG)

Quelles sont les caractéristiques du TAG ?

Le trouble anxieux généralisé se caractérise par un sentiment persistant d'insécurité, une inquiétude permanente et excessive qui interfère avec les activités quotidiennes [1].

Cette anxiété peut être accompagnée de symptômes physiques : agitation, nervosité, fatigue, difficultés de concentration, tensions musculaires, troubles du sommeil. Elle est souvent alimentée par des évènements du quotidien : responsabilités professionnelles, évènements familiaux, santé, tâches domestiques ou matérielles.

En 2024, 6,3 % des adultes de 18 à 79 ans et 5,9 % des actifs occupés de 18 à 64 ans ont été concernés par un TAG au cours des 12 derniers mois [2].

La prévalence est plus élevée chez les femmes que chez les hommes, respectivement 7,6 % (7,2 % - 8,1 %) et 4,8 % (4,4 % - 5,2 %), quelle que soit la classe d'âge. Les 18-29 ans sont la classe d'âge la plus concernée avec une prévalence de 8,1 % (7,3 % - 9,0 %), et les 70-79 ans les moins concernés (2,9 % ; 2,3 % - 3,7 %).

Les plus fortes prévalences sont observées :

  • Chez les femmes entre 18 - 29 ans (11,1 % ; 9,9 % - 12,6 %) et entre 40 -49 ans (9,2 % ; 8,1 % - 10,5 %)
  • Et chez les hommes entre 30-39 ans (5,6 % ; 4,6 % - 6,7 %) et 50-59 ans (6,4 % ; 5,4 % - 7,5 %).

Des différences s'observent également selon :

  • Le niveau de diplôme, la perception de sa situation financière, la situation professionnelle ou le type de ménage. Les personnes ayant un niveau Baccalauréat ou supérieur ont une prévalence du TAG supérieure aux personnes moins diplômées (7,1 % et 6,8 % respectivement contre 5,4 %).
  • La situation financière perçue, les personnes déclarant des difficultés financières ayant une prévalence du TAG nettement plus élevée (12,9 %).
  • La situation personnelle : familles monoparentales, personnes vivant seules, chômeurs et autres inactifs, étudiants.

Les prévalences varient significativement selon les catégories socioprofessionnelles, les prévalences les plus élevées se retrouvant chez les employés et dans les professions intermédiaires (respectivement 7,2 % et 6,2%), chez les femmes et les personnes précaires isolées socialement [2].

Références:

[1].Troubles anxieux · Inserm, La science pour la santé. Inserm.

[2].SPF. Trouble anxieux généralisé : prévalence et recours aux soins. In Baromètre de Santé publique France : résultats de l'édition 2024

Mots clés: trouble anxieux généralisé ; épidémiologie [Generalized Anxiety Disorder ; epidemiology]

Qualité de la preuve : Grade 1

Quel traitement médicamenteux du TAG ?

En 2024, près de 30% de personnes concernées par un TAG n'ont eu aucun recours aux soins en lien avec leur santé mentale avec une proportion encore plus élevée chez les hommes [1].

Le traitement pharmacologique est souvent privilégié en raison du coût et des ressources limitées des alternatives psychologiques, mais les données comparatives concernant les différents médicaments disponibles sont rares [2].

Echelle HAM

Dans une revue systématique de 89 essais incluant 25 441 patients évaluant 22 médicaments actifs différents, comparativement au placebo :

  • La duloxétine (différence moyenne [DM] : -3,13 ; intervalle de crédibilité [ICr] à 95 % : -4,13 à -2,13), la prégabaline (-2,79 ; -3,69 à -1,91), la venlafaxine (-2,69 ; -3,50 à -1,89) et l'escitalopram (-2,45 ; -3,27 à -1,63) se sont révélées plus efficaces que le placebo, avec une tolérance relativement bonne.
  • La mirtazapine, la sertraline, la fluoxétine, la buspirone et l'agomélatine se sont également révélées efficaces et bien tolérées, mais ces résultats sont limités par la petite taille des échantillons.
  • La quétiapine (différence moyenne [DM] : -3,60 ; -4,83 à -2,39) a eu l'effet le plus marqué sur l'échelle d'anxiété de Hamilton, mais sa tolérance était faible (OR : 1,44 ; 1,16 à 1,80).
  • La paroxétine et les benzodiazépines étaient efficaces, mais également mal tolérées comparativement au placebo.

Il existe, pour le trouble d'anxiété généralisée, plusieurs options efficaces. La quétiapine a l'effet le plus marqué, mais avec une tolérance faible. La paroxétine et les benzodiazépines sont les moins bien tolérées ce qui limite leur utilisation.


Il existe, pour le trouble d'anxiété généralisée, plusieurs options efficaces. La quétiapine a l'effet le plus marqué, mais avec une tolérance faible. La paroxétine et les benzodiazépines sont les moins bien tolérées ce qui limite leur utilisation.

Références:

[1].SPF. Études et enquêtes décembre 2025. Baromètre de Santé publique France : résultats de l'édition 2024. Trouble anxieux généralisé : prévalence et recours aux soins.

[2].A, Nazareth I, Bondaronek P, Liu Y, Cheng Z, Freemantle N. Pharmacological treatments for generalised anxiety disorder: a systematic review and network meta-analysis. Lancet. 23 févr 2019;393(10173):768 77.

Mots clés : trouble anxieux généralisé ; traitement médicamenteux [Generalized Anxiety Disorder ; drug therapy

Qualité de la preuve : Grade 3

Mots clés : trouble anxieux généralisé ; thérapie cognitive [Generalized Anxiety Disorder ; Cognitive Behavioral Therapy]

Qualité de la preuve : Grade 3

Quelle efficacité des thérapies cognitivo comportementales (TCC) du TAG ?

Les recommandations cliniques préconisent les thérapies cognitivo comportementales comme traitement de première intention du trouble d'anxiété généralisée [1].

Dans une méta-analyse de 22 études (n= 1060 participants), d'après 13 études les thérapies basées sur une approche TCC se sont révélées plus efficaces que les soins habituels, ou une liste d'attente, pour obtenir une réponse clinique après traitement (RR 0,64 ; 0,55-0,74) et pour réduire les symptômes d'anxiété, d'inquiétude et de dépression.

Dans 6 études comparant les TCC à une thérapie de soutien non directive ou à un placebo aucune différence significative n'a été observée en ce qui concerne la réponse clinique après traitement (RR 0,86 ; 0,70-1,06), mais avec une hétérogénéité significative.

Aucune étude n'a évalué l'efficacité à long terme.

De toutes les psychothérapies, la TCC est la plus étudiée. Elle est efficace pour réduire les symptômes d'anxiété dans le traitement à court terme du TAG.

Référence :

[1].Hunot V, Churchill R, Silva de Lima M, Teixeira V. Psychological therapies for generalised anxiety disorder. Cochrane Database Syst Rev. 2007 Jan 24;2007(1):CD001848.

Le trouble d’anxiété sociale (TAS)

Quelles sont les caractéristiques du TAS ?

L’anxiété sociale est liée à l’idée de ressentir une gêne, une humiliation, un rejet ou un mépris lors des interactions sociales [1].

Elle se manifeste par la peur extrême de parler ou manger en public, de rencontrer des nouvelles personnes… ainsi que par le fait de ressentir une grande angoisse, de rougir et d’avoir des tremblements lorsque ces situations ne peuvent être évitées. Les problèmes occasionnés sont quotidiens.

Les critères diagnostic selon le DSM-5-TR [2] sont :

  • Une anxiété marquée, persistante pendant au moins 6 mois à propos d'une ou de plusieurs situations sociales dans lesquelles ils peuvent être observés par des tiers ;
  • La peur doit impliquer une évaluation négative par d'autres sujets, par exemple les patients seront humiliés, embarrassés, ou rejetés ou ils offenseront d'autres sujets. En outre, tous les éléments suivants doivent être présents :

- Les mêmes situations sociales déclenchent presque toujours peur ou anxiété ;

- Les patients évitent activement la situation ;

- La peur ou l'anxiété est hors de proportion avec la menace réelle en tenant compte des normes socioculturelles ;

- La peur, l'anxiété et/ou l'évitement causent une détresse importante ou significative qui nuit au fonctionnement social ou professionnel.

À titre d’exemple

  • La crainte en se rendant à une fête, de se trouver dans l'embarras, d'être moqué par des étrangers et de devoir fuir ;
  • La tendance à développer des stratégies d'évitement, telles que refuser des invitations à des réceptions ou rencontrer de nouvelles personnes ;
  • Souvent, cette anxiété commence raisonnablement, mais peut se transformer en craintes d'une catastrophe hautement improbable.

Ces stratégies peuvent devenir une seconde nature, de sorte que le comportement d'évitement renforce l'anxiété en permettant à la crainte exagérée de ne pas être censurée et les prive de toute expérience positive dans le contexte redouté [2].

Le trouble d'anxiété sociale touche environ 2,8% des sujets au cours d'une année donnée, avec une prévalence à vie d'environ 5%. Ces taux semblent être plus élevés aux États-Unis [3].

Références :

[1]. Troubles anxieux · Inserm, La science pour la santé. Inserm. (cité 13 janv 2026).

[2]. American Psychiatric Association. Diagnostic and statistical manual of mental disorders fifth editiontext revision DSM-5-TR™.

[3]. Grant BF, Hasin DS, Blanco C, Stinson FS, Chou SP, Goldstein RB, et al. The epidemiology of social anxiety disorder in the United States: results from the National Epidemiologic Survey on Alcohol and Related Conditions. J Clin Psychiatry. nov 2005;66(11):1351 61.

Mots clés : trouble d'anxiété sociale; phobie sociale ; diagnostic [Disorders, Social Anxiety; Phobia, Social ; diagnosis].

Qualité de la preuve : Grade 3

Quel traitement médicamenteux du TAS ?

Le traitement doit prendre en compte les comorbidités souvent associées : dépression, attaque de panique, consommation excessive d’alcool ou de toxiques, voire dépendance [1].

Dans une revue systématique de 66 études [2], dont 63 essais contrôlés randomisés, ont été évalués différents traitements pharmacologiques des TAS comparativement au placebo pendant une durée au moins égale à 24 semaines, chez 11 597 participants entre 18 et 70 ans.

Réponse au traitement. Ont montré une efficacité :

  • Faibles qualités de la preuve :

- Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : 24 études ; 4 984 patients (n) ; risque relatif (RR) 1,65 (IC 95% 1,48-1,85) ;

- Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : 4 études ; n = 235 ; RR 2,36 (1,48 - 3,75) ;

- Les inhibiteurs réversibles de la monoamine oxydase A (RIMA) : 8 études ; n= 1270 ; RR 1,83 (1,32 - 2,55) ;

- Les benzodiazépines : 2 études ; n=132 ; RR 4,03 (2,45 - 6,65).

  • Preuves de qualité moyenne :

- Les anticonvulsivants avec les analogues de l'acide gamma-amino butyrique (GABA) : 3 études ; n = 532 ; RR 1,60 (1,16 -2,20).

Réduction des rechutes :

  • Les ISRS étaient le seul médicament qui s'est avéré efficace pour réduire les rechutes sur la base de preuves de qualité modérée.

Sévérité des symptômes :

  • Il est montré un bénéfice pour les ISRS, l'IRSN (inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la norépinéphrine), les IMAO, les RIMA, les benzodiazépines, l’olanzapine et l'antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique spécifique (NaSSA : atomoxétine) ; Preuves de très mauvaise qualité.
  • Le traitement par ISRS et RIMA a également été associé à une réduction des symptômes dépressifs

Tolérabilité

  • Les taux d’arrêt de traitement étaient plus élevés pour les ISRS et les Inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline (IRSN) (venlafaxine) que pour le placebo : ISRS (24 études ; n = 5131 ; RR 2,59 ; 1,97 - 3,39) ;

Preuves de mauvaise qualité.

Une efficacité à long terme est retrouvée pour :

  • Les ISRS : preuves de faible qualité ;
  • Les IMAO : preuves de très mauvaise qualité) ;
  • Les RIMA (preuves de qualité modérée).

Les ISRS semblent offrir plus d’intérêts que les autres médicaments mais avec une faible supériorité et des preuves de faible qualité. Mais leur tolérabilité est inférieure à celle du placebo et les taux de sevrage absolu sont faibles. Les benzodiazépines, les anticonvulsivants, les IMAO et les RIMA se sont montrés efficaces dans un petit nombre d’essais sous contrôle d’effets secondaires défavorables et d’un éventuel risque d’abus [2].

Références:

[1].HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.

[2]. Williams T, Hattingh CJ, Kariuki CM, Tromp SA, van Balkom AJ, Ipser JC, Stein DJ. Pharmacotherapy for social anxiety disorder (SAnD). Cochrane Database Syst Rev. 2017 Oct 19;10(10):CD001206. doi: 10.1002/14651858.CD001206.pub3. PMID: 29048739; PMCID: PMC6360927.

Mots clés : trouble d'anxiété sociale ; phobie sociale ; traitement médicamenteux [Disorders, Social Anxiety; Phobia, Social ; drug therapy].

Qualité de la preuve : Grade 3.

Quelle efficacité des psychothérapies du TAS ?

Une méta-analyse complète et actualisée a évalué les effets des démarches psychothérapiques pour la prise en charge des TAS [1].

5 560 participants ont été inclus dans une méta-analyse de 66 essais contrôlés randomisés comprenant 98 comparaisons entre un groupe de psychothérapie et un groupe témoin, 3 573 dans les groupes intervention et 1 987 dans les groupes témoins. L’âge moyen était de 33,3 ans (écart type ET = 6,15), extrêmes de 19,4 à 46,6 ans, 56,7% de femmes.

Parmi ces groupes, la majorité examinaient la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) (62 ; 63,3 %), 13 la thérapie d'exposition, 11 les thérapies de la troisième vague, quatre la psychothérapie psychodynamique et 8 d'autres formes de psychothérapie.

Concernant les modalités de prestation des traitements, 30 interventions étaient individuelles en face à face, 29 étaient des séances de groupe en face à face, 17 étaient des séances d'auto-assistance guidées à distance, 11 étaient des séances d'auto-assistance non guidées à distance et 11 utilisaient d'autres formats tels que la réalité mixte ou virtuelle. Le nombre de séances variait de 1 à 26 (moyenne = 11,2, ET = 5,07), la majorité des interventions (81 ; 82,7 %) comportant entre six et seize séances.

Les résultats montrent un effet significatif des psychothérapies sur les symptômes du TAS avec une taille d’effet importante et un nombre de sujets à traiter (NNT) de 3,8, ce qui suggère qu’il faut traiter 4 personnes pour avoir un effet significatif chez 1 personne.

Toutefois il faut noter une hétérogénéité importante entre les études avec des différences significatives dans les formats de prestation de traitement, le type de stratégie de recrutement, le groupe cible et le nombre de séances.

Par ailleurs compte tenu des différences individuelles de réponse aux différents types de prise en charge d’autres études sont nécessaires pour examiner les sous-groupes de personnes pouvant bénéficier d'une modalité de psychothérapie spécifique.

La psychothérapie est un traitement efficace pour le trouble d'anxiété sociale, avec des effets modérés à importants quel que soit le type et le format de traitement. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer ses effets à long terme.

Référence :

[1]. Ponti N de, Matbouriahi M, Franco P, Harrer M, Miguel C, Papola D, et al. The efficacy of psychotherapy for social anxiety disorder, a systematic review and meta-analysis. J Anxiety Disord. 2024;104:102881.

Mots clés : Phobie sociale ; psychothérapie [Phobia, Social ; psychotherapy].

Qualité de la preuve : Grade 3

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC)

Quelles sont les caractéristiques des TOC ?

Les principales caractéristiques des TOC sont des idées obsédantes et des comportements compulsifs récurrents [1,2].

Les pensées obsédantes sont des idées, des représentations, ou des impulsions, faisant intrusion dans la conscience du sujet de façon répétitive et stéréotypée.

Les pensées obsédantes sont centrées par exemple sur la propreté, l’ordre, la symétrie, la peur de faire une erreur, celle de commettre des actes impulsifs violents ou agressifs, ou encore par un sentiment excessif de responsabilité vis-à-vis de la sécurité d’autrui.

Pour les combattre le sujet effectue des gestes ou actes mentaux répétés : des compulsions.

Le comportement du sujet est sous-tendu par une crainte consistant habituellement dans l'appréhension d'un danger, encouru ou provoqué par lui-même et l'activité rituelle constitue un moyen inefficace ou symbolique pour écarter ce danger.

En règle générale, ces activités gênent considérablement le sujet qui essaie souvent de leur résister, mais en vain. Il reconnaît qu'il s'agit de ses propres pensées et l'absurdité et l'inutilité de son comportement et fait des efforts répétés pour supprimer celui-ci.

Le trouble s'accompagne presque toujours d'une anxiété, anxiété qui s'aggrave quand le sujet essaie de résister à son activité compulsive.

Chez les enfants le TOC s’exprime souvent par de l’agitation, de l’agressivité, des difficultés scolaires. Un sentiment de honte et culpabilité conduit l’enfant à dissimuler son trouble, cause de retards de diagnostic.

Il s’agit d’une véritable maladie, parfois très handicapante au quotidien, qui peut même empêcher d’avoir une vie sociale ou professionnelle normale.

Références :

[1]. - /F42.1 ICD-10 Version:2008.

[2]. Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.

Mots clés : trouble obsessionnel compulsif ; caractéristiques de la maladie [obsessive-compulsive disorder ; disease attributes].

Qualité de la preuve : Grade 3

Est-ce une maladie fréquente ?

Les TOC concernent 2 à 3% de la population générale, débutant le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence, 25 % avant 14 ans, 65 % avant 25 ans et 15 % après 35 ans [1].

Chez 30 à 50 % des adultes concernés le trouble a débuté dans l’enfance.

Les femmes sont autant touchées que les hommes.

Les formes précoces sont plus fréquentes chez le garçon et sont associées à une plus grande sévérité, un plus large éventail symptomatologique et une plus grande résistance aux traitements.

Des études ont montré le rôle de facteurs génétiques, le caractère héréditaire pouvant atteindre jusqu’à 65% quand la maladie a débuté dès l’enfance [1].

C’est la quatrième maladie psychiatrique en termes de fréquence après les phobies, les addictions et les troubles dépressifs.

Référence :

[1]. Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.

Mots clés : trouble obsessionnel compulsif ; épidémiologie [obsessive-compulsive disorder ; epidemiology].

Quels traitements médicamenteux ?

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont les traitements médicamenteux de choix en première intention [1,2].

Dans une revue systématique de 53 articles incluant 6 652 participants [2] tous les ISRS (fluoxétine, fluvoxamine, paroxétine, sertraline, escitalopram) ont eu des effets supérieurs au placebo avec un effet de classe (–3,49 ; intervalle de crédibilité 95 % : –5,12 à –1,81), sans aucune preuve d’une efficacité supérieure de l’un sur les autres.

La clomipramine a montré une tendance pour un effet plus important que les autres inhibiteurs de la sérotonine, mais la différence n’était pas statistiquement significative.

La réduction des symptômes atteint en moyenne 40 à 50 %. L’effet peut apparaître avec un retard de 4 à 6 semaines, mais parfois plus long jusqu’à 8 à 12 semaines [2].

La durée d’un traitement d’entretien est dépendante de facteurs individuels, mais au moins de 12 à 24 mois [2].

Si les traitements de première intention ne sont pas suffisants pour réduire les TOC ou lorsqu’il y a des tics associés, il est possible d’y ajouter des antipsychotiques ciblant la dopamine [3].

Antipsychotiques. Une métanalyse de la Cochrane [4] a analysé l’effet d’antipsychotiques de seconde génération (ASG) contre placebo ou autre traitement pharmacologique. Elle a inclus 11 ECR portant sur 396 participants sous trois ASG. Tous les essais ont examiné les effets de l'ajout de ces ASG aux antidépresseurs (généralement des ISRS).

La durée de tous les essais était inférieure à six mois. Seuls 13 % des participants ont quitté prématurément les essais.

La plupart des essais étaient limités en termes de qualité. Deux essais ont examiné l'olanzapine et n'ont constaté aucune différence dans le critère d'évaluation principal (réponse au traitement) et la plupart des autres critères d'efficacité, mais elle était associée à une prise de poids plus importante qu'une monothérapie par antidépresseurs.

La quétiapine associée à des antidépresseurs n'était pas, non plus, plus efficace que le placebo associé à des antidépresseurs sur le critère d'évaluation principal (réponse au traitement), mais une supériorité significative a été observée à la fin de l'essai sur le score moyen de l'échelle obsessionnelle-compulsive de Yale-Brown (Y-BOCS) (DM -2,28 ; -4,05 à -0,52). Il y a également eu des effets bénéfiques de la quétiapine en termes d'anxiété ou de symptômes dépressifs.

La rispéridone était plus efficace que le placebo en termes de critère principal (nombre de participants sans réponse significative) (OR 0,17 ; 0,04 - 0,66) et dans la réduction de l'anxiété et de la dépression (DM -7,60 ; -12,37 à -2,83).

L'olanzapine: les données disponibles sur les effets de l'olanzapine dans le TOC sont trop limitées pour tirer des conclusions.

Il existe des preuves que l'ajout de quétiapine ou de rispéridone aux antidépresseurs augmente l'efficacité, mais cela doit être mis en balance avec une moindre tolérance et des données limitées [3].

Références :

[1]. Skapinakis P, Caldwell DM, Hollingworth W, Bryden P, Fineberg NA, Salkovskis P, et al. Pharmacological and psychotherapeutic interventions for management of obsessive-compulsive disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2016;3(8):730 9.

[2]. Kecka ME, Ropohla A, Bondolfia G, Constantin Brennib C, Hättenschwilera J, Hatzingerc M, Hemmetera UM, et al. Le traitement des troubles anxieux. 2e partie : Troubles obsessionnels compulsifs et syndrome de stress posttraumatique. Forum Med Suisse 2013;13(17):337–44.

[3]. obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.

[4]. Komossa K, Depping AM, Meyer M, Kissling W, Leucht S. Second-generation antipsychotics for obsessive compulsive disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews 2010, Issue 12. Art. No.: CD008141. DOI: 10.1002/14651858.CD008141.pub2.

Mots clés : trouble obsessionnel compulsif ; traitement médicamenteux [obsessive-compulsive disorder ; drug therapy].

Qualité de la preuve : Grade 3

Quelle efficacité des psychothérapies ?

La décision d’instaurer une psychothérapie dépend des préférences du patient.

Les thérapies cognitives comportementales (TCC), basées sur l’exposition avec prévention de la réponse (EPR) sont le traitement de choix [1]. C’est le traitement le plus utilisé chez les enfants et les adolescents [2].

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Efficacité des psychothérapies


Une méta-analyse de 53 essais contrôlés randomisés [3] a comparé les effets de différents types de TCC à des interventions pharmacologiques chez des adultes atteints de TOC. Toutes les comorbidités étaient autorisées, à l'exception de la schizophrénie et du trouble bipolaire. Ont été exclues les études portant exclusivement sur des populations de patients résistants au traitement.

Le critère de jugement principal était la gravité des symptômes, mesurée par l'échelle de TOC de Yale-Brown [4]. Les interventions psychothérapeutiques ont eu un effet supérieur à celui des médicaments, mais une limite importante résidait dans le fait que la plupart des essais psychothérapeutiques incluaient des patients prenant des doses stables d'antidépresseurs (12 [80 %] des 15 essais de psychothérapie autorisaient explicitement les antidépresseurs).

Plusieurs types d’interventions sont efficaces dans la prise en charge du TOC mais leur efficacité relative demeure incertaine et limitée.

Au vu de l’ensemble des données, l’association d’interventions psychothérapeutiques et psychopharmacologiques semble plus efficace que les interventions psychothérapeutiques seules, du moins dans les formes sévères du TOC [3].

Références :

[1].HAS. Affections psychiatriques de longue durée. Troubles anxieux graves. Juin 2007.

[2].Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.

[3].Skapinakis P, Caldwell DM, Hollingworth W, Bryden P, Fineberg NA, Salkovskis P, et al. Pharmacological and psychotherapeutic interventions for management of obsessive-compulsive disorder in adults: a systematic review and network meta-analysis. Lancet Psychiatry. 2016;3(8):730 9.

[4]. Échelle sur le trouble obesssionnel-compulsif Yale-Brown (Y-BCOS). Psychologie Genève.

Mots clés : trouble obsessionnel compulsif ; psychothérapie [obsessive-compulsive disorder ; psychotherapy].

Qualité de la preuve : Grade 3

Des pistes de recherche ?

Lorsque les symptômes ne sont pas réduits malgré des traitements réguliers et bien conduits on parle de TOC résistants.

Lorsque le trouble est sévère et très handicapant des techniques neurochirurgicales peuvent être proposées dans le cadre de protocoles de recherche [1].

  • Chirurgie lésionnelle pour léser légèrement une zone du cerveau impliquée à l’aide rayons gamma sans ouverture de la boite crânienne.
  • La stimulation cérébrale profonde par implantation d’électrodes dans la région cérébrale concernée.

Les personnes actuellement opérées sont incluses dans protocoles de recherche menés par des centres experts [1].

Référence :

[1]Troubles obsessionnels compulsifs (TOC) · Inserm, La science pour la santé. Inserm.